
Il est clair que vous ne remplissez pas tous les critères et ne possédez pas toutes les compétences citées. En définitive, malgré l’intérêt que vous portez à ce poste, vous décidez de renoncer à postuler, persuadé que votre candidature n’intéressera pas le recruteur.
Si cette histoire vous est familière, sachez que vous n’êtes pas le seul à vous décourager face à une offre d’emploi ! Le Gesec vous encourage vivement à saisir votre chance et à postuler lorsque vous remplissez certaines conditions sans pour autant cocher toutes les cases. On vous explique ici pourquoi 😉
Ce qui vous empêche vraiment de candidater à une offre d’emploi
Le constat est clair, votre profil n’est pas compatible à 100 % avec l’offre d’emploi de dessinateur projeteur que vous convoitez. Avec vos 3 années d’expérience, vous estimez ne pas être assez qualifié pour candidater à un poste qui en requiert 5. D’autre part, vous jugez ne pas maîtriser parfaitement le logiciel de dessin demandé. Vous êtes certain qu’il y aura des candidats mieux que vous, et vous décidez de ne pas envoyer votre CV et de poursuivre votre recherche d’emploi. Grave erreur ! Pour cesser de vous auto-saboter, la première étape consiste à comprendre les raisons qui vous poussent à jeter l’éponge avant même d’intégrer le processus de recrutement.
Déboulonner le mythe du mouton à 5 pattes
Commençons par poser les bases : le mouton à 5 pattes n’existe pas ! À travers la section « profil recherché », les recruteurs dressent le portrait type du candidat idéal. Ils énumèrent alors toutes les compétences techniques et les qualités humaines qu’ils recherchent chez leur futur collaborateur, sans pour autant s’attendre à ce qu’il coche toutes les cases. En réalité, la majorité des candidats décrochent un poste sans pour autant correspondre parfaitement au profil attendu. Selon l’enquête Besoins en Main d’Oeuvre 2026 de France Travail, on estime que près d’1 poste sur 2 reste « sans candidat idéal », avec une prévalence de 65 % dans le secteur de la construction. Vous l’aurez compris, le marché de l’emploi vous est favorable, alors ne risquez pas de passer à côté d’une opportunité professionnelle. Concentrez-vous sur vos atouts et osez !
Le syndrome de l’imposteur
Avez-vous déjà renoncé à postuler à une offre d’emploi par peur de ne pas être à la hauteur, et ce, malgré vos diplômes, votre expérience et vos compétences ? Si tel est le cas, vous faites probablement partie des 70 % d’humains qui expérimentent le syndrome de l’imposteur au cours de leur vie (source : International Journal of Behavioral Science). Caractérisé par le fait de ne pas se sentir légitime et de douter de façon permanente de ses capacités, il peut aussi se traduire par la difficulté à s’approprier ses réussites, ou le fait de penser que ses succès résultent de la simple chance ou du hasard. La personne concernée a le sentiment d’être une arnaque et craint que son incompétence présumée finisse pas être démasquée. Les individus concernés par le syndrome de l’imposteur peuvent être sujets à un manque de confiance en eux (éducation, personnalité, échecs personnels ou professionnels…) et recherchent la validation extérieure pour compenser ce déficit. Parmi ces personnalités, on peut retrouver les perfectionnistes, celles qui sont persuadées de devoir tout maîtriser et connaître pour être légitimes, celles qui ne s’accordent pas le droit à l’erreur, ou encore celles qui refusent toute aide qui reviendrait à reconnaître leur pseudo-médiocrité. Les femmes, et notamment les professionnelles du BTP sont particulièrement concernées par ce phénomène.

Astuce : le cerveau humain a la fâcheuse tendance à se focaliser sur le négatif. Pour sortir du syndrome de l’imposteur, nous vous recommandons de faire le bilan de toutes vos réussites, de vos qualités, et de lister vos atouts. Vous n’y arrivez pas seul ? N’hésitez pas à demander l’aide de vos proches. À l’issue de ce travail d’introspection, vous serez sûrement plus confiant pour candidater. Exercice à refaire autant que nécessaire !
Les croyances limitantes
Les pensées limitantes sont des croyances négatives et erronées qu’une personne finit par intérioriser et par considérer comme une vérité absolue. Ces pensées peuvent s’ériger comme de véritables barrières susceptibles d’impacter votre vie professionnelle. En effet, la petite voix dans votre tête qui vous répète « je n’en suis pas capable » ou « je ne suis pas assez qualifié », « je n’y arriverai jamais » ou encore « je ne suis pas assez… » peut finir par vous convaincre que candidater au poste de vos rêves serait une erreur… Cela peut également avoir des répercussions dans l’atteinte de vos objectifs professionnels ou dans votre évolution de carrière. Il faut bien comprendre que ces idées sur vous-même sont fausses ! Pourtant, leurs conséquences sont bien réelles ! Le syndrome de l’imposteur, les peurs ou des expériences passées sont autant de déclencheurs de ces croyances limitantes.
Astuce : Pour s’en défaire, il faut commencer par identifier ces pensées limitantes et les observer factuellement. Remplacez-les alors par une affirmation positive.
Exemple : « je n’ai pas les compétences pour encadrer une équipe » par « mon expérience terrain m’a permis d’acquérir les compétences requises pour guider d’autres professionnels ». À force de répétition, cette pratique va contribuer à reprogrammer votre cerveau et vous finirez par croire en vous. Dans certains cas, il peut être nécessaire de solliciter l’aide d’un thérapeute pour travailler sur votre confiance en vous et en vos capacités.
Pourquoi faut-il absolument postuler, même sans avoir toutes les compétences demandées ?
En 2024, 78,1 % des entreprises ayant révisé leurs critères dans le cadre de leur recrutement ont retenu un candidat avec un niveau d’expérience inférieur à celui envisagé initialement (source : France Travail). La preuve que votre profil reste susceptible de faire évoluer le profil type identifié par les employeurs. Afin de pourvoir certains postes pénuriques, certains recruteurs (entre autres, du BTP) restent flexibles et revoient leurs exigences à la baisse.
Par conséquent, ne tirez pas de conclusions hâtives et n’attendez pas d’être parfait pour candidater ! Concentrez-vous davantage sur ce que vous avez à apporter à l’entreprise. Vous pourrez acquérir l’expérience ainsi que les compétences techniques qui vous manquent avec le temps. Enfin, vos compétences comportementales (soft skills) couplées à votre motivation peuvent suffire à vous démarquer. Qu’avez-vous à perdre à postuler ? Absolument rien. À y regarder de plus près, vous avez même tout à y gagner ! Alors, ne restez pas avec vos regrets. En cas de réponse négative à votre candidature, vous pourrez demander un feedback afin de vous améliorer pour les prochaines candidatures. Par ailleurs, l’entreprise conservera votre profil dans sa CVthèque et pourra vous recontacter si votre CV matche avec un autre poste.
Astuce : Si vous ne cochez pas toutes les cases, n’hésitez pas à adopter une démarche proactive : appelez l'entreprise ou le recruteur par téléphone (si vous avez ses coordonnées) afin de lui expliquer pourquoi vous êtes fait pour le poste. Tandis qu’un CV peut vite être refusé, avoir le candidat au téléphone peut permettre au recruteur d'avoir d’autres clés de lecture.
Quand peut-on se sentir légitime de candidater à une offre d’emploi ?
Mais alors, quand faut-il candidater à une offre d’emploi ? À vrai dire, n’hésitez pas à postuler dès qu’une description de poste résonne avec votre projet professionnel et correspond à vos attentes. Comme on dit, qui ne tente rien n’a rien !

Si l’on veut être plus pragmatique, commencez par distinguer les compétences indispensables des compétences souhaitées. Les premières sont rarement négociables… quoi que, vous pourriez être surpris ! Il vous faudra ensuite identifier objectivement les compétences que vous possédez parmi celles qui sont citées. Si vous remplissez environ 70 % des critères, alors vous pouvez considérer que vous êtes qualifié pour occuper le poste. Voyez les 30 % restants comme une marge de progression, et donc un beau challenge à relever 😉
Comment candidater à une offre d’emploi quand on n’est pas compatible à 100 % ? Nos astuces
Voici nos meilleurs conseils pour vous aider à décrocher le poste que vous convoitez, et ce, même si vous ne cochez pas toutes les cases ! :
- au-delà des compétences techniques, lister les compétences transférables, celles acquises durant vos précédentes expériences marquantes (alternance et stage, poste, bénévolat, voyage linguistique…) et qui pourraient vous servir pour ce poste ;
- prendre le temps d’expliquer ce qui vous motive particulièrement et évoquer ce que vous souhaitez apporter à l’entreprise, comment vous vous projetez, comment vous imaginez les choses ;
- insister sur votre envie de progresser et votre capacité d’apprentissage ;
- personnaliser votre CV ainsi que votre lettre de motivation
Enfin, croyez en vous, en vos capacités, et soyez fier d’être vous-même ! D’ailleurs, si vous êtes à la recherche de votre future aventure professionnelle dans le secteur du bâtiment, consultez dès à présent les nombreuses offres d’emploi des adhérents du Gesec à pourvoir partout en France.