
Qu’est-ce qui a changé concrètement au 1er janvier 2026 ? Quels changements concrets et comment s’y adapter ? Dans cet article, nous passons en revue les principales évolutions du droit du travail et de l’emploi en 2026, afin de vous aider à y voir clair sur les nouvelles réglementations.
Augmentation annuelle du SMIC et du minimum garanti pour 2026
Comme chaque année en France, le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) est revalorisé en tenant compte de l’inflation. Le SMIC correspond au salaire minimum légal ; autrement dit, un salarié ne peut pas toucher une rémunération en dessous du SMIC.
En 2026, la hausse du SMIC s’élève à 1,18% en France métropolitaine et dans les DOM-TOM (hors Mayotte). Alors qu’en 2025 le SMIC horaire brut était de 11,88 euros, il s’élève à 12,02 euros depuis le 1er janvier 2026. Cela porte le SMIC mensuel brut à 1 823,03 euros, contre 1 801,80 euros auparavant. Puis le SMIC mensuel net évolue à 1443,11 euros, contre 1 426,3 euros. En d’autres termes, si votre rémunération correspond au SMIC, alors votre salaire a augmenté de 16,81 euros net par mois.
Par ailleurs, le minimum garanti passe de 4,22 euros à 4,25 euros. Cette valeur sert de base de calcul pour les avantages en nature (ex. logement, repas…) ou bien pour définir le montant des allocations d'aide sociale.
Augmentation des pensions de retraite et de réversion
Que vous soyez en fin de carrière ou que vous soyez juste attentifs à vos droits, vous savez sans doute que les pensions de retraite, leurs majorations ainsi que la pension de réversion (en cas de décès du conjoint) font l’objet d’une revalorisation annuelle indexée sur l’inflation. À compter du 1er janvier 2026, la revalorisation de la retraite obligatoire de base ( qui concerne tous les salariés) s’élève à 0,9 %.
Le minimum contributif (MICO) majoré et non majoré connaît quant à lui une revalorisation de 1,18 %. Par rappel, le MICO correspond à une pension de retraite minimale garantie pour les personnes ayant cotisé sur de faibles salaires :
- Le MICO non majoré s’applique lorsque les conditions d’accès sont remplies.
- Le MICO majoré concerne les assurés ayant cotisé toute la durée requise pour une retraite à taux plein.
Ainsi, au 1er janvier 2026, cette revalorisation porte le montant du MICO non majoré à 756,29 euros mensuels, et le MICO majoré à 903,93 euros par mois. Par ailleurs, pour avoir droit au minimum contributif (MICO), le total de vos retraites personnelles (tous régimes confondus) ne doit pas dépasser 1 410,89 € par mois à partir du 1er janvier 2026.
Pour finir, le minimum de la pension de réversion enregistre une hausse de 0,9 %, pour atteindre 334,92 euros mensuels, et ce, pour une durée d'assurance d’au moins 15 ans.
💡Bon à savoir : vous pouvez dès à présent accéder à vos droits à la retraite sur votre compte personnel disponible sur le site officiel info retraite.
La mise en place du congé de naissance pour les nouveau-nés en 2026
Vous attendez un heureux événement pour 2026 ? Le congé de naissance s’adresse à vous ! Nouveauté très attendue, ce dispositif a pour vocation de permettre aux nouveaux parents d’améliorer leur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle. En effet, les mères et les pères qui le souhaitent pourront ainsi prolonger de deux mois leur congé de maternité, de paternité ou d’adoption.
Ce congé supplémentaire de naissance voit le jour dans un contexte de forte baisse de la natalité et représente pour les parents l’opportunité de profiter davantage des premiers mois de vie de leur enfant. Il s’inscrit dans une démarche de renforcement de l’égalité entre les femmes et les hommes. En incitant davantage les pères à s’impliquer dans les soins de leurs enfants dès leur plus jeune âge, il vise à instaurer un meilleur partage des responsabilités parentales par la suite.
Que vous soyez salarié, travailleur indépendant ou demandeur d’emploi, vous pourrez bénéficier du congé de naissance. Précisons d’ailleurs que ce droit s’adresse aussi bien aux salariés du secteur privé qu’aux salariés de la fonction publique. La rémunération du congé de naissance s’élèvera à 70 % du salaire net le premier mois, puis à 60 % le second mois.
Il faudra néanmoins être patient, car cette mesure, qui devait être effective à partir du 1er janvier 2026, ne le sera qu’à compter du 1er juillet 2026. Par conséquent, les parents d’enfants nés ou adoptés à partir du 1ᵉʳ janvier 2026 pourront bénéficier de ce congé supplémentaire de naissance, mais uniquement à partir de juillet.
La rupture conventionnelle désormais plus difficile à obtenir
Bien qu’il sera toujours possible en 2026 de demander une rupture conventionnelle à son employeur, sachez qu’elle pourrait s’avérer plus difficile à obtenir ! Ce mode de rupture du CDI permet à l’employeur et au salarié de convenir des modalités de rupture de la collaboration. Par conséquent, il ne s’agit ni d’une démission ni d’un licenciement. Cette rupture à l’amiable du contrat de travail présente de nombreux avantages pour le salarié qui peut quitter rapidement l’entreprise pour de nouveaux horizons, tout en bénéficiant des droits au chômage et d’une indemnité spécifique de rupture conventionnelle.
Seulement, depuis le 1er janvier 2026, le recours à la rupture conventionnelle coûte plus cher à l’employeur ! Pour cause, l'adoption définitive du budget de la Sécurité sociale en décembre dernier acte l’augmentation du taux de contribution patronale sur l'indemnité de rupture conventionnelle octroyée au salarié, qui passe de 30 à 40%. Ainsi, une rupture conventionnelle coûte autant à l’employeur qu’une mise en retraite. Cette hausse risque donc de dissuader les employeurs d’accorder cette fin de contrat à l’amiable.
Davantage de transparence sur la politique salariale
À partir de juin 2026, toutes les entreprises auront l’obligation de mentionner le salaire, ou une fourchette de salaire, sur leurs offres d’emploi. Cette directive européenne vise une plus grande transparence en matière de rémunération. En tant que candidat, vous pourrez ainsi privilégier les offres qui s'alignent sur vos prétentions salariales. Ou du moins, postuler en ayant connaissance de cette information essentielle.
Une fois salarié de l’entreprise, vous aurez le droit de demander aux ressources humaines des précisions relatives à la politique de rémunération en vigueur ; comme par exemple, les critères qui permettent de fixer le salaire, ou encore les conditions requises pour obtenir une promotion salariale durant votre carrière professionnelle.
Enfin, les employeurs ne seront plus autorisés à interroger les candidats sur leur salaire actuel ou la rémunération perçue sur un précédent poste. Cette interdiction émane de la même directive européenne.

Bénéficier du CDD de reconversion pour préparer au mieux son nouveau projet professionnel
L’année 2026 est également synonyme de nouveautés du côté de la reconversion professionnelle. Si vous envisagez de changer de métier, sachez qu’un nouveau contrat à durée déterminée a vu le jour le 1er janvier. Il s’agit du CDD de reconversion ! Il vise à favoriser le maintien dans l’emploi, mais également la promotion sociale ou professionnelle ainsi que la mobilité professionnelle des salariés. Ce dispositif s’adresse particulièrement (mais pas uniquement) aux seniors.
Ce contrat est l’occasion rêvée pour découvrir une nouvelle profession en immersion dans une entreprise d’accueil. À cette occasion, vous pourrez également participer à des actions de formation. La durée du contrat de reconversion varie de 6 à 12 mois (36 mois dans certains cas exceptionnels). Durant ce CDD de reconversion, votre contrat de travail initial est suspendu. Ainsi, si votre projet de reconversion ne s’avère pas concluant, vous pourrez revenir sur votre ancien poste ou accéder à des fonctions équivalentes au sein de votre entreprise initiale. De quoi vous rassurer et vous encourager à tenter l’aventure !
Précisons toutefois que l’arrivée du CDD de reconversion signe la fin du dispositif de la reconversion ou promotion par alternance (Pro-A).
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Les aides destinées aux apprentis évoluent
Alors que toutes les entreprises bénéficiaient jusqu’à présent des aides à l’embauche d’apprentis, celles-ci ne concernent plus que les PME depuis le 1er janvier 2026. En effet, seules les entreprises de moins de 250 salariés peuvent en bénéficier, et uniquement pour le recrutement d’un apprenti préparant un diplôme de niveau 3 ou 4 (équivalent baccalauréat ou infra-bac). Dans ce cas, le montant de l’aide s’élève à 5 000 euros, versés au titre de la première année du contrat.
Si vous êtes à la recherche d’une alternance dans le cadre d’un contrat d’apprentissage, cette évolution reste susceptible d’impacter votre recherche d’alternance. Les petites et moyennes entreprises pourraient se montrer plus enclines à recruter sur ces niveaux de qualification, tandis que les opportunités risquent d’être plus limitées dans les grandes entreprises ou pour les formations de niveau supérieur. Rien d’impossible pour autant !
À noter toutefois que l’aide est maintenue à 6 000 euros pour l’embauche d’un apprenti en situation de handicap et reste cumulable avec les dispositifs actuels, afin de sécuriser les parcours et favoriser l’accès à l’apprentissage.
Bon à savoir : retrouvez nos deux articles thématiques “Comment réussir sa formation en alternance” et “Reprendre ses études à l’âge adulte : même pas peur !”