
Au détour de cet article, nous vous proposons de changer de regard sur votre timidité, d’identifier vos qualités, et de découvrir des méthodes simples pour gagner en assurance. Entre conseils pratiques, exercices éprouvés et témoignages, vous aurez toutes les clés en main pour aborder votre prochain entretien avec confiance et sérénité.
Quelles sont les causes de la timidité ?
Contrairement aux idées reçues, la timidité n’est pas tant un trait de personnalité, mais plus l’expression de la peur du regard des autres, de ne pas être accepté tel que l’on est, ou encore d’être jugé. Par extension, elle révèle le fait de ne pas oser être soi-même, la crainte de ne pas être à la hauteur ou de ne pas faire bonne impression. Elle traduit généralement un manque de confiance en soi, en ses ressources ou en ses capacités. En d’autres termes, il s’agit d’une manière de se protéger d’un éventuel rejet des autres.
L’origine de la timidité reste propre au vécu de chaque individu au tempérament réservé. Une timidité excessive peut provenir d’événements traumatisants ou marquants qui ont entaché la confiance en soi (ex. une éducation trop rigide, du harcèlement scolaire, du harcèlement au travail, de la violence intrafamiliale, un licenciement…).
Dans un contexte défini, la timidité se trouve généralement exacerbée par l’appréhension de développer des symptômes visibles par les autres qui pourraient trahir l’embarras dans lequel on se trouve. La timidité se manifeste la plupart du temps dans une situation nouvelle, lorsque la personne concernée sort de sa zone de confort et nourrit le sentiment de perdre le contrôle sur les événements.
Par conséquent, même une personne qui n’est pas d’un naturel timide peut expérimenter la timidité et perdre temporairement ses moyens (ex. nouvelle rencontre, situation désagréable, inconfortable ou inattendue…).
Comment peut se manifester la timidité lors d’un entretien professionnel ?
Chaque étape du recrutement, de l’entretien d’embauche à l’intégration dans l’entreprise, peut constituer une épreuve de feu pour les candidats timides. En réalité, les demandeurs d’emploi qui font l’expérience de la timidité ont tendance à se sous-estimer. Ce qui les amène trop souvent à se dissuader de postuler à des offres d’emploi lorsqu’ils ne cochent pas toutes les cases du profil attendu par le recruteur. Si tel est votre cas, gardez à l’esprit que le candidat idéal n’existe pas. Vous disposez d’au moins 70 % des compétences requises ? Alors, tentez votre chance sans hésiter ! Après tout, vous n’avez rien à perdre, mais bien tout à gagner.

L’entretien d’embauche fait également partie des situations dans lesquelles la timidité peut reprendre le dessus. Il faut bien avouer que se retrouver face à un recruteur peut s’avérer particulièrement stressant ! Ici, la peur de l’échec, ou le syndrome de l’imposteur font partie des facteurs susceptibles d’accroître la timidité durant l’entrevue. Il n’est pas rare qu’une personne timide perde ses moyens. Dans ce cas, le stress atteint généralement son paroxysme juste avant l’entrevue, ou lors des premières minutes d’échange avec le RH ou manager. Joues rouges, mains moites, mal de ventre, tremblements, bégaiement, brouillard mental et difficulté à exprimer ses idées… sont autant de manifestations de timidité. Et puisque la personne réservée a tendance à porter un masque afin de ne pas révéler sa vraie nature au premier abord, le recruteur peut éprouver une certaine difficulté à cerner sa personnalité. À moins que ce dernier soit également un grand timide et voit clair dans son jeu !
Être timide dans le BTP : handicap ou force cachée ?
Quand la timidité devient un handicap
Avant toute chose, soyez assuré que la timidité n’est pas un problème ou un dysfonctionnement ! Il s’agit en quelque sorte d’une manière de percevoir la réalité parmi tant d’autres. Alors si vous faites partie de la team des introvertis, sachez d’ores et déjà que rien ne cloche chez vous et que vous n’avez pas à changer.
En revanche, si la timidité devient pesante ou omniprésente, elle peut générer de l’anxiété et se transformer en handicap. Tout dépend de son intensité et de la fréquence à laquelle elle se manifeste. Mais dans un tel contexte, elle risque de complexifier votre recherche d’emploi, de nuire à votre épanouissement professionnel, d’altérer la qualité de vos relations au travail, voire même de vous bloquer l’accès à certains postes. Un salarié très réservé peut également avoir besoin de plus de temps pour trouver sa place au sein d’une équipe.
Témoignage : quand la timidité paralyse, elle peut conduire à adopter des comportements d'auto sabotage. Jérôme possède toutes les qualifications et compétences requises pour exercer en tant que conducteur de travaux. Mais sa timidité couplée à son manque d’assurance l’empêche de candidater à des postes qui exigent une « aisance relationnelle ».
La timidité peut aussi être mal interprétée par les recruteurs. Les biais cognitifs comme l’effet halo ou le biais de confirmation poussent parfois les recruteurs à associer, à tort, la timidité à un manque d’entrain, de motivation ou d’assertivité.
Rassurez-vous, l’expérience, la maîtrise de son métier et de son environnement, ou encore la reconnaissance de la part de ses collègues ou supérieurs sont autant de facteurs qui apaisent la timidité et améliorent l’estime de soi.
Transformer sa timidité en force !
Les personnes timides envient secrètement la spontanéité ainsi que l’aisance des extravertis. Il faut bien avouer que ces derniers restent plus valorisés par la société, notamment dans le milieu professionnel. Les stéréotypes ont la dent dure, et trop souvent les personnes timides restent dans l’ombre de celles qui sont plus sociables, plus avenantes, plus à l’aise à l’oral. Dans le secteur du BTP notamment, la timidité est parfois associée à un manque d’assurance ou d’autorité.
Difficile alors d’imaginer la timidité comme un atout, un avantage, et encore moins comme un super pouvoir. Et pourtant ! Ces idées reçues sont trompeuses : les professionnels au tempérament discret sont tout aussi compétents et efficaces que leurs collègues extravertis. Être performant ne se limite pas à la prise de parole ou au charisme. De nombreux collaborateurs réservés brillent par d’autres qualités essentielles.
D’autant qu’un recruteur pourrait décider de ne pas sélectionner un candidat jugé, à tort ou à raison, comme étant trop sûr de lui, trop à l’aise ou manquant d’humilité.
En somme, la timidité n’est pas un défaut à corriger, mais une compétence à apprivoiser et à développer !
Témoignage : Johanne est chargée d’affaires en construction. Après avoir longtemps bataillé contre sa timidité, elle a décidé de l’accepter pleinement. Son tempérament réservé est apprécié de ses clients. En effet, sa discrétion instaure un climat de confiance qui incite le client à exprimer plus clairement ses besoins, ses contraintes et ses attentes. Résultat : une meilleure compréhension du chantier, une relation client de qualité et durable. L’entreprise y gagne en précision, en fidélisation et en professionnalisme.
Quelles sont les qualités d’une personne timide ?
Connaître ses qualités demeure essentiel pour mieux se connaître, cultiver ses forces et ainsi augmenter ses chances de convaincre lors d’un entretien d’embauche.
D’ailleurs, certaines compétences comportementales seraient davantage présentes chez les personnes timides que chez les extravertis. Voici les principales soft skills des introvertis qui sont recherchées par les entreprises :
- La capacité d’écoute : ils parlent peu, mais s’investissent davantage dans l’écoute. Ils cherchent à comprendre réellement leurs interlocuteurs.
- La réflexion : ils préfèrent prendre le temps d’analyser et de réfléchir avant d’agir. Éviter de céder à la précipitation permet de limiter les erreurs et favorise les décisions justes.
- La créativité : les introvertis possèdent souvent un monde intérieur vaste et riche. Leurs idées sont souvent originales et ils peuvent proposer des solutions innovantes.
- L’humilité : ils sont reconnus pour leur modestie qui provient généralement de leur manque d’assurance. Ils n’ont pas pour habitude de se mettre en avant, et privilégieront l’efficacité ainsi que la coopération.
- Le sens de l’observation : leur regard de lynx leur permet de capter chaque détail ! C’est un atout sur des postes techniques qui nécessitent beaucoup de rigueur.
- La discrétion et la confidentialité : ils veillent à garder secrètes les informations sensibles et confidentielles.
- La fiabilité : ils sont généralement dignes de confiance et l’on peut compter sur eux. Ils sont attachés au respect de leurs engagements et des consignes.
- La pertinence : ils parlent peu, mais leurs interventions sont précises, utiles et cohérentes.
- L’empathie : ils ressentent ce que les autres ne perçoivent pas toujours. Grâce à ce super pouvoir, ils sont capables de prendre la température d’une ambiance, ou de capter les émotions de son interlocuteur afin d’adapter leur attitude en fonction.
Réussir son entretien d’embauche quand on est timide — 6 conseils infaillibles !
Afin de mettre toutes les chances de votre côté pour décrocher ce job que vous convoitez tant, voici 6 astuces à adopter dès à présent.
1 — Accepter et embrasser votre timidité
Le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire est de vous accepter tel que vous êtes. Alors laissez tomber le masque ! D’autant que cacher sa vraie nature demande beaucoup d’énergie au quotidien pour peu de résultats. En outre, pratiquer l’autodérision vous aidera à relativiser et à dédramatiser.
2 — Connaître vos atouts et apprendre à les mettre en avant
Le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire est de vous accepter tel que vous êtes. Alors laissez tomber le masque ! D’autant que cacher sa vraie nature demande beaucoup d’énergie au quotidien pour peu de résultats. En outre, pratiquer l’autodérision vous aidera à relativiser et à dédramatiser.
3 — Préparer son entretien, encore et encore
Afin de ne pas laisser la timidité vous submerger, il est essentiel de préparer votre entretien en amont. Parler devant un miroir ou vous filmer vous fera gagner en confiance. Vous pouvez également vous entraîner sous la forme d’un jeu de rôle. Simuler un entretien d’embauche avec l’aide d’un proche ou de ChatGPT vous aidera à anticiper les questions et à structurer votre présentation. En effet, la répétition crée des automatismes qui apaisent le stress.
4 — Travailler sa posture
Veillez à adopter une attitude professionnelle à la fois ouverte mais détendue : pieds au sol, épaules relâchées, respirez profondément, stabilisez votre voix et regardez le recruteur dans les yeux ou entre les deux yeux. Souvenez-vous que votre stress est toujours moins visible que vous ne le croyez.
5 — Utiliser la méthode STAR pour structurer vos réponses
Lors de votre discours, gardez toujours la même structure :
- [S] Décrire la Situation professionnelle
- [T] Évoquer votre Tâche
- [A] Parler de vos Actions
- [R] puis mentionner les Résultats obtenus
La méthode STAR est efficace pour ne pas perdre le fil sous le coup de l’émotion ou de la pression. Ainsi, votre argumentaire sera clair et concis.
6 — Apprendre à gérer son stress
Pratiquer la respiration carrée (inspirer 5 secondes, retenir sa respiration 5 secondes, expirer 5 secondes, retenir sa respiration 5 secondes, etc.) permet d’abaisser votre niveau de stress instantanément. Par ailleurs, visualiser votre entretien qui se déroule bien contribuera à vous mettre dans un bon état d’esprit.